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vendredi 2 novembre 2012

God Bless America


02.11.2012

Les 3 New York de l'après-Sandy

      Trois New York : celui qu’on admire, celui qu’on aime, celui qu’on vomit.

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      En route sur le scooter pour découvrir le premier. Direction Manhattan, pour rencontrer des gens qu’on n’a pas réussi à joindre au téléphone. Sur Flatbush Avenue, à Brooklyn, premier choc : des dizaines et des dizaines de bus à la queue-leu-leu, dans une file spéciale, prêts à faire la navette vers Manhattan. Une impression d'ordre, malgré l'énorme défi logistique et les heures d'attente. Arrivée au Manhattan Bridge : les flics ne laissent passer que les voitures avec au moins trois occupants – et les scooters. Personne ne râle. On passe le pont, sans oublier de jeter un clin d’œil vers un downtown sans lumière, toujours aussi surréel, et l'on arrive sur Canal Street pour remonter la ville. A chaque croisement, un, deux ou trois policiers règlent la circulation comme un corps de ballet. Du grand art, on se demande comment ils synchronisent… Et cela sur deux bons kilomètres, jusqu’au nord de la 34ème rue. Chacun connaît son job, y compris la voiture de flics qui ralentit chaque à croisement, sans même s’arrêter, pour ravitailler les agents en bouteilles d’eau.


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      Tout n’est pas réglé comme du papier à musique, loin de là. Au coin de Lexington et de 59th Street, la foule des gens essayant de prendre le métro déborde largement sur le trottoir. Mais, là encore, pas de bousculade. On redescend Lexington, on tombe sur les camions de la Garde nationale, garés là, avec leurs militaires à  casquette. Les souvenirs remontent : 9/11, Katrina… On se dit que Sandy, c’est l’après-ouragan qui a tiré les leçons de Katrina. Avec un président différent.


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      Le New-York qu’on aime est presque au coin de la rue, au lycée John Jay, sur la 7ème Avenue à Park Slope. John Jay a été transformé en abri de fortune pour les habitants de Red Hook et de Coney Island qui n’ont plus de toit. Hier, les e-mails se répandus comme une traînée de poudre dans le quartier : John Jay et un autre shelter, un peu plus loin, ont besoin de vêtements chauds, sous-vêtements, serviettes de toilette… « La réponse a été absolument incroyable », confie une responsable du shelter. Les shelters croulent sous les dons, mais le calvaire n’est pas fini. Lundi, John Jay redeviendra une école. Il va encore falloir déplacer les gens, comme si le traumatisme initial ne suffisait pas. Mais la logistique suit, tout le monde est prêt – prêt à agir, prêt à aider.



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      Le New York qu’on vomit? C’est au détour d’une conversation téléphonique qu’on le découvre. Conversation avec une ancienne salariée de Martha Stewart, la diva de la décoration, de la cuisine et du jardinage, dont le nom est aussi connu, aux Etats-Unis, que celui de Coca-Cola. Martha possède quatre magazines, elle a décidé de n’en conserver que deux. Avec l’écroulement de la pub, ce sont hélas des choses qui arrivent dans la presse. A la clé, tout de même, 70 licenciements.


      L’impardonnable, c’est le timing : le rez-de-chaussée de l’immeuble où ils travaillent étant inondé, les salariés condamnés étaient chez eux. Ils ont reçu la nouvelle par téléphone ou email. Qu’est-ce qui peut bien pousser une boîte à balancer 70 personnes au beau milieu d’une catastrophe naturelle comme Sandy ? Elle ne pouvait pas attendre un peu ? Non. Vous savez pourquoi ? Deux mots : earnings call, la publication des résultats trimestriels, survient ce vendredi. Il fallait donc annoncer la nouvelle avant, pour faire plaisir aux investisseurs.

      L’Amérique qu’on aime, et celle qui fait positivement gerber.

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